Jockeys de Plat
STEPHANE PASQUIER
Interview du jockey
Les difficultés, il les a connues et surmontées. Les moments de bonheur, il les a touchés du doigt. Aujourd’hui, Stéphane Pasquier est un jockey en pleine réussite. Vainqueur du Prix de l’Arc de Triomphe 2006, en selle sur Rail Link, celui que l’on surnomme affectueusement « Paquito » vole de succès en succès.
Qu’est-ce qui fait que vous êtes l’un des meilleurs de votre profession aujourd’hui ?
SP : En un, c’est la motivation. Je crois aussi que l’hygiène de vie compte beaucoup. Faire du sport en dehors des courses est aussi primordial. Et puis, évidemment il y a le mental. Quand j’étais jeune, j’étais une vraie tête brûlée. Je l’ai été jusqu’en 1997. Un jour, je me suis dit qu’il fallait devenir adulte et arrêter ces idioties. Depuis, j’ai gagné en maturité.
En fait, vous êtes devenu un homme ?
SP : On peut dire cela comme ça. Les victoires et les défaites que cela soit dans la vie professionnelle ou dans la vie personnelle aident à grandir. J’ai appris par exemple à positiver les défaites, ce que je ne savais pas faire avant. Je déteste perdre mais il faut apprendre. Sinon, c’est le suicide à chaque fois. Récemment j’ai aussi traversé des moments très difficiles avec ma blessure qui m’ont aidé à réfléchir.
On a l’impression effectivement que votre blessure à la main l’an dernier vous a beaucoup marqué ?
SP : (Il est ému) C’était une vraie épreuve. Je me suis coupé la main de manière idiote et là, je suis descendu d’une marche. J’ai cru que je ne m’en remettrai pas. J’ai passé des moments terribles. Tu doutes, tu te poses des tonnes de questions. Quand tu vois les autres gagner avec tes chevaux tu réalises que tu n’es pas irremplaçable. Des personnes que tu pensais être des amis te laissent tomber. Le téléphone ne sonne plus. C’est d’ailleurs cela qui m’a le plus blessé. J’étais vexé que l’on ne s’intéresse pas à moi. J’avais la haine.
Comment avez-vous réussi à surmonter cette épreuve ?
SP : Grâce à mon entourage. Mes parents étaient là pour moi. Olivia, ma petite amie a été géniale avec moi, car je n’étais pas facile à gérer pendant cette période. Ses parents, mon petit frère m’ont donné le moral. Les gens proches de moi ont été irréprochables. Serge, mon kiné a été fabuleux. C’est grâce à eux tous que j’ai pu guérir aussi vite. Car jamais je n’aurai cru pouvoir monter dans le Prix de l’Arc de Triomphe.
Monter Rail Link n’était pas une évidence, comment cela s’est-il passé ?
SP : Oui, j’ai eu beaucoup de chance. Je l’ai su une semaine avant. Et là, le moral revient très vite. J’étais très excité à l’idée de monter cette course. A la maison, je prenais des allumettes, je leur donnais les noms des chevaux qui disputaient l’Arc et je faisais des scénarios (rires). La veille, j’ai eu comme une prémonition. J’étais aux ventes et j’ai dit à un ami, Jean-Marie, « Tu vas voir demain, je vais gagner ». Moi, je ne plaisantais pas. Lui, rigolait. Le lendemain, tout s’est passé comme je l’avais raconté.
Dans quel état d’esprit étiez-vous après la course ?
SP : C’était énorme ! Gagner l’Arc après tout ce que je venais de traverser, c’était incroyable ! (il a les larmes aux yeux) Les gens m’ont admiré car ils ont réalisé que je m’étais vraiment battu pour gagner cette course Mais je ne me suis pas dit que c’était le tournant de ma carrière. Je suis resté serein. Je pense que quelqu’un me protège là haut, c’est obligé ! A moins que ce ne soit André Fabre…
Justement, quels sont vos rapports avec André Fabre ?
SP : Il a changé ma vie ! Il a d’abord changé ma façon de monter. Ses conseils m’ont été très précieux. Mais je dois avouer que nous communiquons assez peu. Néanmoins quand on discute avec lui et que l’on s’intéresse à ce qu’il fait, il parle. Nous sommes tous les deux des passionnés alors on se retrouve sur pas mal de choses.
Et dans sa façon de travailler, tout vous convient ?
SP : Oui car il laisse une liberté au jockey. Il n’est pas du genre à donner des ordres stricts car lui-même a été jockey bien avant moi. Il donne des indications sur ses chevaux. Je connais sa façon de faire, c’est très agréable. J’admire ce qu’il fait et surtout sa constance. Vous vous rendez compte, être au plus haut niveau depuis si longtemps, c’est fort.
Et puis, c’est un peu grâce à lui que vous êtes en haut de l’affiche actuellement ?
SP : C’est beaucoup grâce à lui. En début d’année et ce depuis vingt ans, le premier jockey d’André Fabre est en quelque sorte « l’élu », il devient naturellement le favori pour l’obtention de la Cravache d’Or. Quand il te prend dans son équipe, tu es sûr de gagner de nombreuses courses. Je suis chanceux même si je pense que s’il m’a pris c’est forcément parce qu’il estime j’ai quelque chose.
Qu’est-ce que vous avez de plus que Christophe Soumillon ou Olivier Peslier, pour ne citer qu’eux ?
SP : Je ne sais pas, c’est difficile à dire. Tous les jockeys sont différents. J’ai mes qualités, ils ont les leurs. J’ai beaucoup d’admiration pour Christophe. Quand on voit la saison qu’il a fait l’an dernier et la carrière qu’il a aussi jeune, ça force le respect. Olivier, c’est pareil. C’est un jockey extraordinaire qui en plus, a l’expérience des grandes courses internationales. Pour moi, ils font partie des cinq meilleurs mondiaux. Mais, je ne suis pas comme eux, je ne leur ressemble pas.
Si on vous demande de choisir entre la Cravache d’Or et gagner le Prix de l’Arc de Triomphe, que faites-vous ?
SP : Les deux ! (rires). Je suis lucide. Je ne vais pas demander le beurre et l’argent du beurre. Si je ne gagne pas l’un des deux, ce ne sera pas un drame. Mais je crois que gagner la Cravache d’Or sans gagner l’Arc doit avoir un petit goût d’inachevé. Alors, je vais essayer de tout prendre.
Est-ce que vous êtes sensible à la pression ?
SP : Pas vraiment. Je n’ai jamais la trouille. Je gère bien la pression grâce au golf que je pratique et qui m’aide à me détendre. Je sais simplement que je ne dois pas faire d’erreur. Si je suis battu par meilleur, c’est comme cela, ce sont les courses. Je suis jockey, pas magicien, on ne me demande pas de faire gagner les chevaux surclassés mais de ne pas perdre quand un cheval peut gagner.
Interview par Alexandre Jeziorski (Of Course) - Octobre 2007
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Statistiques
- Dernière victoire Quinté+ : Lundi 16 Novembre 2009
- Nombre de fois dans le Quinté+ : 0
- Victoires en Quinté+ : 0
- Nombre de fois 2ème : 0
- Nombre de fois 3ème : 0
- Nombre de fois 4ème : 0
- Nombre de fois 5 ème : 0
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Résultat du Quinté+ du 08/02/2010
- D. CORDEAU
- 10 pts
- SEBASTIEN TRIBOURDEAU
- 6 pts
- E. RAFFIN
- 4 pts
- W. BIGEON
- 3 pts
- G. MAILLARD
- 2 pts
Classement général plat au 09/02/2010
- THIERRY.THULLIEZ
- 27 pts
- DOMINIQUE.BOEUF
- 27 pts
- IORITZ.MENDIZABAL
- 14 pts
- SYLVAIN.RUIS
- 13 pts
- GAETAN.MASURE
- 12 pts
Classement général obstacle au 09/02/2010
- ELWIS.LEQUESNE
- 16 pts
- DAVID.COTTIN
- 13 pts
- ARNAUD.DUCHENE
- 13 pts
- JACQUES.RICOU
- 12 pts
- DAVID.BERRA
- 10 pts
Classement général trot au 09/02/2010
- J.M. BAZIRE
- 91 pts
- F. NIVARD
- 50 pts
- F. OUVRIE
- 38 pts
- E. RAFFIN
- 35 pts
- P. LEVESQUE
- 30 pts




